Un espace où on découvre la diversité du vivant : La Valette au Grand Parc de Lunaret

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Discours prononcé à la Valette, au Parc de Lunaret - Zoo de Montpellier, le mardi 26 septembre 2025.

Cette mobilisation du mécénat est pour nous importante, parce que si bien sûr la contribution commune, c'est-à-dire celle qui vient de l'impôt, des prélèvements, nous permet de financer des politiques publiques, quand on reçoit des fonds privés par les fondations, des entreprises, ça nous aide à aller plus loin, à aller au bout des projets. Ça, c'est le côté très matériel des choses.

CYVA Fondation, quand on va rouvrir le jardin des plantes par le grand portal Boulevard Henri IV au mois de novembre, je vais pouvoir encore partir dans une longue histoire du jardin mais aussi je vais pouvoir raconter que, grâce à vous, l'arbre de Judée, multiséculaire, est là. Grâce au travail qui a été fait. Je me promenais dans un petit village de Normandie, en vacances, il y avait des gens qui voyaient partout : la plaque Fondation du Patrimoine. Ils disaient « mais c'est un village classé ? ». Je me suis permis de dire que ce sont des gens qui prennent soin de ce que nos anciens nous ont légué, dans la manière de bâtir.

Merci à SEREG de s'engager à nos côtés, parce que c'est précieux. C'est ce que je dis souvent : nous on regarde ceux qui font pour le territoire, même un peu, et ceux qui ne font pas pour le territoire. Parce que c'est important. Parce qu'il y a l'aide matérielle certes, mais il y a aussi l'idée d'être partie prenante d'un projet d'ensemble de territoire.

Et c'est ça que vous venez faire à nos côtés. À nos côtés, à côté de Stéphane Jouault, élu en charge de la nature en ville et Véronique Négret, Vice-Présidente de la Métropole qui pilote l'acronyme GEMAPI, Gestion des milieux aquatiques et de protection contre les inondations.

C’est un acronyme que vous allez bientôt voir sur votre ligne de feuilles d'impôts, puisque c'est la taxe qui nous permet de financer la lutte contre les inondations. Ça on le connaît bien. C'est d'ailleurs la seule taxe où je suis applaudi. On a été applaudi, chère Véronique, quand on a fait les digues à Grabels, à Juvignac. On nous a dit : merci, enfin ! Et moi je disais : ça a été financé par la solidarité de tous à travers la taxe GEMAPI.

La GEMAPI c'est la protection contre les inondations, et si, cher Patrice, le Lez était si mal vu, c'est parce que c'est vrai, il était insalubre, mais aussi parce qu'il était mortel. Et dans la mémoire de la ville, un nom m'autorise à raconter cette histoire : Blanchette a été emportée par les inondations.

Nous savons que les épisodes cévenols vont s'intensifier de par l'évolution du climat. Et le Lez, nous devons le dompter en le protégeant des inondations. C'est tout le travail qui a été fait sur Lattes, Pérols, le parc d’Arménie, comme bassin de rétention, que nous avons inauguré, qui est un lieu d'agrément, de protection.

C'est aussi ce qui me vaut, au mois de septembre, souvent, des appels très solidaires de collègues maires qui me demandent comment ça va, après avoir au journal de TF1 vu que l’Hôtel de Région était sous les eaux.

Nous avons appris à protéger. Donc ça, c'est la dimension lutte contre les inondations de la GEMAPI, mais il y a la partie aussi, gestion des milieux aquatiques. Le mot a été prononcé de renaturation, de reconstitution, de prendre soin d'un écosystème qui est extrêmement fragile, au point qu'il existe une espèce unique : le Chabot du Lez, mais aussi un rapport à la nature qui a été légué par les âges.

D'ailleurs, pardonnez-moi la digression, si vous n'êtes pas encore allé au Carré-Sainte-Anne, voir l'exposition, et merci du travail mécénat, cher Roger Yannick, l'œuvre de JR, tout le monde y imprime sa main. C'était une allégorie. Adventice, c'est une histoire que Numa Hambursin, le directeur du Mo.Co, a racontée à JR. : il a dit qu'à un moment, le long du Lez, on a vu des espèces apparaître que les Montpellierains du XIVème siècle, ne connaissaient pas. Les draps venus d'Orient, venus du Levant, y étaient lavés et donc évidemment, des petites graines étaient laissées, et puis la nature... Et ça, ça a inspiré JR. Il a voulu refaire cet arbre, cette hospitalité, comme Montpellier a été une ville d'hospitalité pour la nature, dans sa diversité incroyable.

Cette légende urbaine, là, est redécouverte. Et donc, on renature, on reconstitue les berges du Lez. On fait ce travail d'en prendre soin parce qu'il y a des endroits, elles s'érodent par les écoulements.

Merci à vous, mais ce n’est pas juste prendre soin du Lez que nous faisons.

Vous êtes partie prenante d'un projet où, beaucoup d'acteurs sont là, et chacun se reconnaîtra, mais je veux les remercier. C’est une très grande ambition que porte l'équipe municipale et métropolitaine. Bientôt, un tramway arrive, au design de Barthélemy-Togo, le 20 décembre. Quand il y a eu ce projet de tramway, il y avait l'idée de soutenir nos organismes de recherche, d'accompagner les chercheurs. Mais évidemment, on s'est posé des questions avec Stéphane, avec l'équipe : il y a Montmaur, il y a le Zoo du Lunaret, il y a la Valette. Puisqu’on fait référence à la géographie : c’était très mono-usage.

C’est pour ça que nous parlons du projet de Grand Parc du Lunaret : Grand Parc au sens de comment on retrouve une cohérence d'ensemble sur cet espace. Un espace où on découvre la diversité du vivant, le zoo, le bois de Montmaur, un lieu sans doute d'agrément, de sport, et puis aussi, probablement de reconnexion de nous à la nature, de nous à l'ambiance sonore. On trouve ici une forme de sérénité, et puis parfois d'intensité. Je veux saluer ici les équipes du formidable festival Agropol’eat, qui nous font réfléchir sur ces sujets, sur nos enjeux par rapport aux vivants. Le bâtiment qui est derrière moi, d'ailleurs, fera l'objet prochainement de ce qu'on appelle un AMI. Vous savez que la France, on est champion des acronymes, appel à la manifestation d'intérêts, où on va proposer que ce soit un tiers-lieu culturel, au sens de culture scientifique, sur le rapport à la nature.

Ce qu'on est en train de financer là, ça doit nous aider à accompagner les jeunes générations, les familles qui sont parfois très loin de ces enjeux qu’ils entendent à la télé, le changement climatique. Pour les aider à comprendre et à se reconnecter. Et c'est ça que nous cherchons à faire ici, dans cet espace incroyable de la Valette. Vous l'avez compris, on veut rendre dans cette logique, et les équipes qui pilotent le font très bien, l’idée du grand parc, du grand ensemble, de 130 hectares quand même. 130 hectares : c’est un espace au nord de la ville considérable.

Alors il ne s'agit pas de dire, mais d’agir : on aménage tout d'une manière ou d'une autre. Chaque espace doit se connecter en en respectant l'identité. On doit trouver cette cohérence d'ensemble.

Voilà ce que nous cherchons à faire, voilà pourquoi vous nous accompagnez.

J’ai pris un peu de temps pour vous décrire ce mouvement-là, parce que c'est évidemment une trajectoire longue que nous engageons, mais de grandes transformations qui s'opèrent ici, sur cet espace. C’est ma manière à moi de vous dire qu'on va avoir à nouveau besoin de vous pour d'autres projets, donc si vous pouvez : merci. Dites à d'autres, venez, ici on porte un projet assez extraordinaire, et on le fait ensemble, parce qu'il y a une idée du commun. Je terminerai là-dessus. Ici, on est peut-être dans ce qui est, tu as fait référence Patrice à l'identité de Montpellier, le fleuve, la science, où ici certains sont présents, où nous avons parmi les meilleurs chercheurs au monde sur les enjeux de biodiversité, le centre d'écologie fonctionnelle. Alors je sais que les classements sont soumis, sont soumis à la critique, mais quand même il y a une reconnaissance par les paires. Il faut qu'ici on soit un territoire absolument exemplaire, pas en copiant, qu'on soit nous-mêmes, et donc vos fondations qui sont à nos côtés, qu'elles soient remerciées. Pour nous c'est précieux de venir en complément, si on veut décrocher la Lune, on a besoin de fusées. Il y a un étage, il y a deux étages, il y a trois étages : vous êtes un des étages qui nous permet de porter ce projet. Moi je veux le dire, je me réjouis qu'aujourd'hui, souvent les entreprises, vont à juste titre aider le sport, mais la culture a besoin, la nature a besoin. C'est vrai qu'aujourd'hui ces positionnements-là sont précieux.

Je crois aussi, on en parle souvent pour vos collaborateurs, elles permettent aussi de sensibiliser. Ils seront tous les bienvenus, si besoin, dans des moments, pour qu'on puisse continuer à donner ensemble du sens à l'action. Parce que le sens c'est ce dont nous avons besoin. Le monde devient fou, très inquiétant, tout ce qu'on entend, tout ce qu'on voit, alors soit on participe à nourrir l'inquiétude, mais ça c'est pas mon job. Mon job c'est de donner un cap, c'est de proposer des projets, c'est d'être à l'écoute. Ensuite collectivement on tranche et on avance, pour essayer de relever les défis. Ici cette idée de reconnexion à la nature, de lien redéfini avec notre fleuve, de penser le commun, et bien : c'est ça le cap. C'est formidable qu'on puisse le faire, à la fois avec la contribution publique, le budget de la ville de Montpellier, mais aussi avec des entreprises qui contribuent au développement de notre territoire.

Quand on fait ensemble, on fait toujours mieux.

Donc merci beaucoup.

 

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