Commémoration de l'appel du 18 juin 1940

appel du 18 juin

Commémoration de l’appel du 18 juin 1940

du Général de Gaulle

Discours de Michaël Delafosse, Maire de Montpellier,

Président de Montpellier Méditerranée Métropole, prononcé le jeudi 18 juin 2026 à Montpellier

 

Madame la représentante, Monsieur le sénateur, Madame la députée, cher Jean-Pierre Grand, chère Fanny Dombre-Coste, Madame la représentante du Département, chère Jacqueline Markovic, Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles, militaires et religieuses de notre ville, Mesdames et Messieurs les membres des associations de mémoire, Mesdames et Messieurs les élus du conseil municipal de la ville de Montpellier, au premier rang desquels notre premier adjoint Sébastien Cote, jeunes gens qui effectuez actuellement vos stages de seconde et qui venez ici des lycées Jean-Monnet, Nevers, Mermoz, Jules Guesde, Champollion et La Merci, stagiaires de la Préfecture, stagiaires de la Mairie, merci de votre présence. Mesdames et Messieurs,

Avant de prononcer quelques mots sur l’Appel du 18 Juin, je voudrais indiquer à chacun et chacune qu’à l’occasion de l’entrée au Panthéon du grand historien et de cette grande figure nationale, Marc Bloch, nous tiendrons une cérémonie en écho à ce grand moment d’unité nationale, en hommage à l’auteur de L’Étrange Défaite, qui fut professeur associé à la Faculté des Lettres et pour lequel un parvis portant son nom se tient devant le magnifique bâtiment de l’Atrium.

Parfois, la vie publique est affaire de symboles.

Au lendemain de mon élection, mon premier acte comme maire, avec l’équipe municipale, fut, le 18 juin, de rendre hommage à l’homme du 18 Juin. J’avais ainsi voulu marquer la fidélité qui devait être la nôtre dans l’action.

Aujourd’hui, au lendemain de cette nouvelle élection par l’expression du suffrage universel, je suis très honoré d’inaugurer cette fresque mémorielle qui fut dévoilée sous le Chant des Partisans, où le chef de la France libre s’exprime dans les locaux de la BBC.

Je voudrais adresser des remerciements aux hommes et aux femmes qui ont rendu possible ce projet. Merci, Monsieur le président Marcoux. Merci, Monsieur Verdanet, qui avez contribué à cette réalisation. Messieurs, à l’image d’autres, par votre engagement, vous faites honneur au devoir de mémoire.

Qu’il me soit également permis de remercier les services de la mairie, Monsieur Bonnemayre, chef de notre protocole, ainsi que l’ensemble des agents, toujours mobilisés pour la réussite de ces cérémonies et qui veillent sur cet espace mémoriel, place de la Légion d’honneur, place de l’ordre national du mérite.

Je veux également exprimer ma reconnaissance à la cheffe de cabinet, Madame Girardot, qui a supervisé la réalisation de cette stèle.

Aujourd’hui, partout en France, nous célébrons le 86e anniversaire de l’Appel du 18 Juin 1940. Appel qui sauva, sur les ondes de la BBC, l’honneur de la France.

Le 17 juin, sur les ondes des radios de France, Pétain annonçait faire don de sa personne à la France. Il en trahissait l’âme.

Ainsi, l’écroulement de la France avait plongé le monde dans la stupeur. Les foules, partout sur la terre, voyaient avec angoisse s’abîmer cette grande lumière. Ainsi, dans les mémoires de guerre, le général de Gaulle commente ce sentiment que l’armée qui était prétendue plus puissante a pu céder à l’abandon. Que la France, qui apparaissait l’allié si solide d royaume de sa majesté, tombait.

Le 18 juin, c’est un homme âgé de 49 ans qui, seul, va prendre la parole sur le sol britannique. Habité, animé d’une certaine idée de la France, de Gaulle refuse la défaite, seul et invitant à poursuivre le combat.

En cela, il reçoit le soutien d’un autre homme qui, lui aussi seul, affronta la tempête de son Parlement à la Chambre des communes deux semaines auparavant : Winston Churchill. Indiquant que le Royaume-Uni poursuivrait le combat sur tous les fronts, sur les plages, dans les champs, dans les rues et dans les collines.

Nous ne nous rendrons jamais.

Churchill. De Gaulle. Le 18 juin. La flamme de la Résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Le général de Gaulle le dit dans ses mêmes mémoires : « Il n’y a pas de France sans épée. »

Ainsi se levait la France libre, dont nous devons saluer la mémoire des Compagnons de la Libération. Ainsi se levait l’armée des ombres, dont le chant des partisans était l’hymne.

L’écrivain venu de l’Est, qui n’était point né sur le sol de France mais qui était français parce qu’adhérant à ses valeurs et à sa citoyenneté, Romain Gary, qui écrivait dans sa promesse de l’aube et consacra un ouvrage magnifique au général de Gaulle, au titre aussi poétique que programmatique, ode à l’homme qui sauva la France, nous questionne sur ce qu’est le 18 juin.

Il nous dit : ce n’est pas qu’un appel. C’est un esprit, l’esprit du 18 Juin. Celui de mots prononcés sur une radio, avec courage, clairvoyance et lucidité, par un homme qui n’eut pour réponse qu’un nombre infinitésimal de Français.

Ainsi, par Gary, nous rappelons au fond, à cet instant, nous les vivants, et à vous, jeunes gens qui êtes présents, que rien n’est écrit et qu’il faut faire preuve de courage, de clairvoyance, d’abnégation, qu’il faut savoir chérir les valeurs pour lesquelles certains sont tombés et que nous avons reçues en héritage.

C’est cela. Ce sont ces valeurs qui conduisirent la France et ses alliés à la victoire suprême. C’est cela qui permit que, sur le sol de France, notre hymne national puisse à nouveau être chanté quand Pétain l’eut remplacé.

Il faut le chérir, notre hymne national.

Alors, pour Gary, l’esprit du 18 Juin n’a pas que 86 ans. Il est un esprit qui doit être ardent et vivant, parce qu’à valeur universelle.

Il vaut pour nous, élus de la République. Il vaut pour vous, fonctionnaires et serviteurs de l’État, fonctionnaires hospitaliers, territoriaux. Il vaut pour vous, ouvriers, salariés. Il vaut pour vous, jeunes gens, lycéens et étudiants.

Il vous appartient, à vous, jeunesse de France, de porter la vitalité de cet esprit. Il en va de notre avenir.

Voyons-y peut-être un écho entre la panthéonisation de Marc Bloch et son titre « L’Étrange Défaite », et l’engagement d’un homme seul qui va conduire la France à la victoire.

Alors, à l’aune de ce 86e anniversaire, je nous invite à faire vivre l’esprit de l’Appel du 18 juin.

Pour que vive la République.

Pour que vive la France.

Je vous remercie.