Cérémonie du 8 mai 1945

cérémonie du 8 mai

Madame la représentante du Conseil Régional, Monsieur le représentant du Conseil Départemental, Mesdames et Messieurs les représentants des autorités civiles et militaires, je voudrais en votre nom à tous et à toutes remercier nos porte-drapeaux qui sont présents et qui vont se rendre dans de nombreuses communes du département pour assurer à 11h, 10h30 les cérémonies du maire. Je voudrais aussi remercier madame la préfète et le service de la mairie qui organisent cette cérémonie. Je voudrais évidemment saluer nos jeunes sapeurs-pompiers, jeunes cadets de la gendarmerie, jeunes cadets de défense, leur présence ici est très importante et l'illustration de la transmission.

Merci à tous et à toutes d'être présents pour cette cérémonie et merci du message lu par Lucie Goutorbe du monde combattant dont les mots doivent faire écho. 8 mai, ne pas confondre armistice et capitulation. Le 8 mai, c'est la victoire des alliés qui exigeait une reddition totale, donc une capitulation du régime nazi.

Les efforts pour vaincre le régime nazi furent nombreux, faits de courage, de bravoure, à la fois de l'opiniâtreté de Churchill en 1940, au courage des hommes et des femmes du Maquis qui suivèrent l'appel du général de Gaulle. Les alliés. Et ce matin, en lisant Midi Libre, journal né à la Libération, vous aviez peut-être découvert ce compte-rendu, cette histoire, d'un citoyen britannique, Andrew Croft, qui contribua à la libération de Montpellier.

Des alliés, nous avons tous l'image de la photo de la conférence de Yalta, des grands leaders qui s'engagèrent de manière résolue sur cet objectif d'une capitulation de l'Allemagne nazie. Mais les alliés, c'est Andrew Croft, parachuté dans l’Hérault, au nom du SOE créé par Churchill pour venir en appui à la résistance, et qui, avec l'accent britannique, fut accueilli sur la place de la Comédie, lors de la libération de notre ville, le 25 août. Cher Julia Croft, ce matin, nous étions sur la place des martyrs de la résistance, devant la préfecture, madame la préfète, qui porte le portrait du héros national qu'est Jean Moulin, et il y a ces noms sur le pavé, d'hommes et de femmes qui n'avaient point été honorés dans notre ville et qui pourtant avaient concouru à la libération de Montpellier et contribuant comme des centaines de milliers de personnes à la victoire sur le nazisme.

Il y avait le pavé de Andrew Croft, c'est la première fois qu'il est honoré sur le sol français. Je veux ici, solennellement, dans cette allocution, lui rendre hommage. Ce matin, le drapeau français et le drapeau britannique étaient liés sur son pavé.

Nous sommes liés par notre histoire commune, le présent face aux défis du monde et pour en maîtriser le futur. C'est un très beau symbole. Victoire des alliés en ce 8 mai, mais aussi après le 8 mai, le chemin de l'après, c'est celui de la réconciliation entre la France et l'Allemagne.

Car le régime nazi, à terre et vaincu, eh bien, il faut retrouver le chemin. Monsieur le doyen de la faculté de droit, les représentants des autorités académiques, nous devons beaucoup aux étudiants de Montpellier qui, dès 1950, quittèrent les rives du Lez pour aller sur les rives du Neckar pour sceller une amitié entre nos deux villes, Heidelberg et Montpellier. C'est la jeunesse qui, après trois générations de haine, trouve le chemin de la paix.

Et c'est ensuite que les maires de l'époque scellent le jumelage, qui sera à l'image de beaucoup de jumelages, l'engagement de la réconciliation devenue amitié entre la France et l'Allemagne, celle du traité de l'Elysée en 1962 est réalité fréquente. Mesdames et messieurs, la semaine prochaine, je recevrai le conseil municipal et tous ceux qui y contribuent, le maire de Heidelberg, pour parler de nos projets en commun, des échanges entre les jeunes, de tout ce que nous pouvons faire ensemble. Après la capitulation du régime nazi, il y a eu ce chemin pour construire la paix entre la France et l'Allemagne, le projet européen et, bien sûr, comme le rappelle le monde combattant, en 1945, une volonté inébranlable d'hommes et de femmes qui avaient perdu des proches, qui avaient connu le prix des douleurs et des souffrances, à l'image de René Cassin, Schumann et tant d'autres, des grands juristes qui tenèrent le tribunal de Nuremberg, faisant naître le droit international.

Cet héritage, nous le sentons tous, est menacé de toutes parts, droits internationaux bafoués, droits de l'homme ignorés. Partout, nos consciences doivent continuer à s'éveiller pour défendre ce lègue si précieux. Ce lègue si précieux, né justement de la capitulation du 8 mai, de la victoire du 8 mai.

Cette cérémonie a toute son importance pour promouvoir la nécessaire culture de la paix. Après l'allocution de Madame la Préfète et l'interprétation de notre hymne et à la fin de cette cérémonie, chacun pourra visiter un endroit méconnu de Montpellier, la crypte qui comporte les noms des hommes et des femmes de notre ville qui ont perdu la vie entre 1939 et 1945. Il y a des stèles, il y a un certain nombre de plaques qui rendent hommage aux forces françaises libres, aux compagnons de la libération.

Je veux ici vous inviter à aller découvrir cela pour que les uns et les autres, nous puissions continuer à nous plonger dans cette histoire, non pas pour qu'elle soit pesante sur nos épaules, mais qu'elle nous donne de la force pour continuer à parler, à avancer et à nous tendre la main. Quel beau symbole pour moi en tant que maire de Montpellier, chère Julia Croft, de vous accueillir, vous qui êtes venues de Londres et qui franchissez la Manche pour cette cérémonie. Quel beau symbole que la semaine prochaine recevoir le maire d'une ville allemande.

Voilà, jeunes gens, vous qui portez l'uniforme qui symbolisait l'engagement autour des valeurs de la République, les chemins que la jeunesse doit prendre pour que les nations, si elles peuvent affirmer leur fierté lors des compétitions sportives, doivent œuvrer à se rassembler pour célébrer la paix entre les peuples. La paix est un lègue, il est plus que jamais fragile à nous tous, à notre manière de le fortifier. Vive la République, vive la France !